Terra (Nemonte), 153 x 153 cm, 2025, chaux, sable, poudre de marbre et pigments sur panneau de bois, photographie Holly Fogg

« Une image familière lévite  au centre de l’exposition – celle d’un corps céleste circulaire. Pourtant, les contours de l’œuvre sont poreux, la surface n’est plus celle laiteuse du “Lever de Terre” ou de la “Bille Bleue”, transposées sur la surface plane et brillante d’un film photographique. La série “Terra” de Juliette Dumas est calcaire et dense, et s’impose avec gravité — tant par l’attraction physique qu’elle suggère que par la portée environnementale et contemporaine du sujet qu’elle explore. Certaines des œuvres portent notamment des prénoms en hommage à des écoactivistes comme Nemonte Nenquimo, Edina Ifticene, Vandana Shiva ou Claire Nouvian. »

Clara Darrason

Ici, TERRA (Nemonte) et nommée ainsi en hommage à Nemonte Nenquimo, membre de la nation Huaorani en Equateur, qui a obtenu en 2019 l’interdiction de l’exploitation pétrolière dans le Parc National Yasuni. La décision de justice a permis de placer sous protection 200 mille hectares, et plus de 4 millions d’hectares de forêt qui allaient être vendus aux enchères.

«Le Naturalisme intégral en appelle à ‘l’expression d’une conscience planétaire’, capable de s’indigner, de se mobiliser et

d’agir.

Le combat écologique fera vibrer le coeur imaginatif de la société s’il sait prendre en compte la dimension artistique et

culturelle de la planète.»

Pierre Restany, Frans Krajcberg, Claude Mollard, Manifeste du Naturalisme Intégral, 2013

actuellement à Atica, Paris:

Exposition HORIZONS,

curation Clara Darrason

TERRA (Hope), 2025, Chaux, sable, poudre de marbre et pigments sur panneau de bois, 200 x 200 cm

Vue d’installation, exposition Horizons, cur. Clara Darrason, Atica, Paris. Photographie par Holly Fogg, courtesy Clara Darrason

À travers des œuvres plus petites sur papier et de grandes fresques sur panneaux de bois, TERRA propose de rêver ensemble—d’imaginer l’horizon du possible au-delà des gros titres actuels.

TERRA déclare résilience et espoir. Ces peintures sont des votives, des invitations pour nous rappeler que l’avenir n’est pas quelque chose qui nous arrive, mais quelque chose que nous créons ensemble.

À une époque où l’espoir semble radical, ces œuvres parlent de restaurer notre relation avec la Terre. Car c’est une relation primordiale d’amour. Quel avenir voyons-nous quand nous fermons les yeux?

Atica, 8 rue Frédéric Sauton, 5ème arr. Paris,

ouvert du mercredi au samedi de 18:30 à 23:30

sept 2025 - mars 2026

“The scars of a life find their way from the depths of the abyss, inscribed on the fluke of the leviathan, into our space. Dumas chooses the tail of the cetacea as her muse, an appendage that is already used by marine biologists to identify individual animals. The tail is a tabula rasa covered with the marks of shark attacks and fisherman's hooks. Every one is different.”

— William Corwin, Delicious Line, April 2018

actuellement à Temple University, Charles Library, Philadelphie : Le Grand Bleu, exposition permanente

Juliette Dumas, Whale Fluke (Le Grand Bleu), 2018. Vue d'exposition permanente, Charles Library, Temple University, Philadelphie, Etats-Unis, courtesy Silas von Morisse gallery

La Charles Library, conçue comme une « grotte sous-marine » par Snøhetta, Temple University, Philadelphie

Whale Fluke (Night), 2018, argile et pigments sur papier marouflé sur toile, 152 x 365 cm, collection privée, Etats-Unis, courtesy Silas von Morisse gallery

Marquée par des rencontres bouleversantes avec des créatures de l'océan — une baleine à bosse, un groupe de dauphins ou une tortue marine — au large des côtes de la Guadeloupe, du Mexique, de l'Islande et même de New York où elle a vécu six ans, Juliette Dumas inscrit cette sagesse reçue intuitivement dans de grands formats.

Rencontre avec les baleines à bosse au large de la Guadeloupe, 2019, dans le cadre du Shelltone Whale Project, photo de Valérie Gueit

Inspirée par ses visites des nombreuses grottes ornées de France, elle a créé une surface à base d'argile, de cire d'abeille et de pigments sur laquelle, une fois humidifiée, chaque geste laisse une trace.

Whale Fluke (Night), argile, pigments et gomme végétale sur papier marouflé sur toile, détail

La queue d'une baleine à bosse, ainsi transcrite à taille réelle, cicatrice après cicatrice, devient une icône du principe de résilience et de restauration des écosystèmes.

Juliette Dumas, Shelltone Whale Project, Guadeloupe, 2019, photo de Valérie Gueit

Ces peintures ont été présentées lors d'une exposition personnelle à la galerie Silas Von Morisse, New York, en 2018. La vocaliste Ami Yamasaki est venue performer avec sa voix unique lors du finissage de l'exposition.

Whale Fluke (Blue), vue d'installation, exposition personnelle, 2018, Galerie Silas Von Morisse, NY, New York

Whale Fluke (Night), installation view, solo exhibition ANGELS, 2018, Galerie Silas Von Morisse, NY, NY

La vocaliste Ami Yamasaki interprète les peintures de queues de baleine, qu'elle « entend » comme des partitions sonores

Sculptures Whale Bones, bois, métal, plâtre, poudre de marbre et charbon, vue d’installation, exposition personnelle, 2018, galerie Silas Von Morisse, New York, NY

Aux côtés des peintures, Dumas a présenté de grandes sculptures inspirées de la courbure d'un os de baleine.

Les os de baleine sont utilisés en Alaska, où ils marquent l'entrée d'un lieu sacré ou la tombe d'un chaman.

Ces sculptures sont devenues, deux ans plus tard, « The Gateway », une sculpture en deux parties pouvant être installée soit en arche que le visiteur traverse, soit en unité unique formant le début d'une double hélice.

The Gateway, 2020, vue d’atelier, 100 x 310 cm, structure en acier, aluminium, plâtre, enduit et pigments. Structure et socle : Atelier Jordan Da Fonte

De retour en France en 2019, Juliette Dumas a créé en 2020 un diptyque intitulé La Terre Respire, qui marque le début d'un nouvel ensemble de peintures en cours.

La Terre Respire, 2020, 60 x 120 cm, argile, pigments et gomme végétale sur papier marouflé sur toile. Collection privée, Etats-Unis

La Terre Respire, 60 x 120 cm, 2020, argile, pigments et gomme végétale sur papier marouflé sur toile, détail

SUBTERRANEA (Cèdre.48°23’58.2’’N2°47’03.0’’E), 2025, Argile, pigments, gommes végétales sur papier marouflé sur toile, 200 x 354 cm

Vue d’installation, exposition Devenir Ruisseau, océan ou cascade, La Crypte de Grez, Photographie par Holly Fogg, courtesy Clara Darrason

Les racines de notre conscience collective plongent profondément, pour trouver la force et la stabilité, pendant ces temps qui me donnent l’impression d’une immense transformation. Suffisamment profondément pour faire remonter cette «sève ancestrale», dans les mots d’Ana Mendieta, la sagesse d’un temps ancient où nous savions comment vivre en harmonie avec notre environnement.

J’ai élaboré cette technique de couches successives d’argile, de pigments et de gommes végétales pour pouvoir ensuite révéler grâce à l’eau, le système racinaire d’un grand cèdre.

SUBTERRANEA (Cèdre.48°23’58.2’’N2°47’03.0’’E), 2025, Argile, pigments, gommes végétales sur papier marouflé sur toile, détail

Photographie par Holly Fogg, courtesy Clara Darrason